Samedi 22 Septembre 2007

Un poème de SU Shi: 明月几时有

水调歌头

Genre de poème : Shui Diao Ge Tou

丙辰中秋欢饮达旦, 大醉作此篇, 兼怀子由.

(En an BingChen, le soir de mi-automne, nous buvons jusqu'au bon matin. Complètement ivre, j'ai fait ce poème, à la fois pour exprimer ma pensée pour mon frère Ziyou.)

苏轼

明月几时有? 把酒问青天.

míng yuè jǐ shí yǒu, bá jiǔ wèn qīng tiān.

Clair ; brillant - lune - quel,le - temps - il y avoir ?

Prendre ; tenir - alcool - demander - vert - ciel.

不知天上宫阙, 今夕是何年.

bù zhī tiān shàng gōngquè, jīn xī shì hé nián.

Ne pas - savoir - ciel - dessus ; haut - palais impérial,

Aujourd'hui - soir - être - quel,le - année.

我欲乘风归去, 惟恐琼楼玉宇, 高处不胜寒.

wǒ yù chéng fēng guī qù, wéi kǒng qióng lóu yù yǔ, gāo chù bù shēng hán.

Je - vouloir - prendre ; se faire transporter - vent - retourner - aller,

Seulement - craindre - beau jade - pavillon - jade - maison,

Haut - endroit - ne pas - supporter - froid.

起舞弄清影, 何似在人间.

qí wǔ nòng qīng yǐng, hé sì zài rénjiān.

Lever ; entamer - danse - manier ; jouer - limpide - ombre,

Comment - ressembler à - à ; dans - monde terrestre.

 

转朱阁, 低绮户, 照无眠.

zhuǎn zhū gé, dī yǐ hù, zhào wú mián.

Tourner - rouge ; coloré - pavillon ; pièce dans une maison,

Bas ; baisser - broder - fenêtre,

Eclairer - sans - sommeil.

不应有恨, 何事长向别时圆.

bù yīng yǒu hèn, hé shì cháng xiàng bié shí yuán.

Ne pas - il falloir - il y avoir - haine ; regret,

Quel,le ; pourquoi - affaire - long ; toujours - vers - quitter ; partir - moment ; lors de - rond.

人有悲欢离合, 月有阴晴圆缺, 此事古难全.

rén yǒu bēi huān lí hé, yuè yǒu yīn qíng yuán quē. cǐ shì gǔ nán quán.

Homme ; personne - il y avoir - tristesse ; triste - joie ; joyeux - séparer - réunir,

Lune - il y avoir - sombre - clair - rond - incomplet,

Ce ; ceci - affaire - avant ; ancien ; depuis toujours - difficile - complet.

但愿人长久, 千里共婵娟.

dàn yuàn rén cháng jiǔ, qiān lǐ gòng chánjuān.

Seulement - souhaiter - homme ; personne - long - longtemps,

Mille - li ; lieu - partager ; commun - belle clarté de la lune.

 

Mon humble traduction personnelle

A quel moment nous aurons encore une lune brillante comme celle de ce soir ? Le verre dans la main, je demande au ciel bleu.

Et, en quelle année sont-ils dans le palais céleste ?

Je voudrais bien prendre le vent pour y aller,

Cependant, je crains, sous les toits de beau jade en haut, ne pas supporter le froid et la solitude.

Dansant, je joue avec mon ombre. Comment peut-on dire que l'on est moins bien dans le monde terrestre ?

 

La lumière de lune se balade autour des murs et des fenêtres colorés, éclaire la personne en insomnie.

Je ne veux pas avoir du regret, mais pourquoi la lune n'est pleine qu'au moment où les gens se séparent ?

Chez les hommes, il y a la tristesse de séparation et la joie de se réunir,

Pour la lune, elle est parfois sombre, parfois claire, parfois ronde, parfois incomplète,

Rien n'a jamais été parfait.

Je souhaite que notre affection soit éternelle, et que nous partagions  la clarté de la belle lune malgré notre distance de mille lieus.

 

Si ça aide, une interprétation en chinois moderne trouvée sur Internet :

明月从何时才有?手持酒杯来询问青天。
不知道天上宫殿,今年是哪年。
我想要乘御清风归返,又恐怕返回月宫的琼楼玉宇,受不住高耸九天的冷落、风寒。起舞翩翩玩赏着月下清影,归返月殿怎比得上在人间!
转过朱红楼阁,月光低洒在绮窗前,照到床上人惆怅无眠。
明月不该有什么怨恨,却为何总在亲人离别时候才圆?
人有悲欢离合的变迁,月有阴晴圆缺的转换,这种事自古来难以周全。
但愿离人能平安康健,远隔千里共享月色明媚皎然。

 

Commentaire : la lune est pleine, mais pas la famille. Mon frère avec qui il s'entend tellement bien doit partir loin, hélas ! Quand la lune redeviendra pleine, quand les gens se rejoindront ? Les moments joyeux ne sont jamais permanents, ni pour l'homme ni pour la lune.

La lune est si claire, si limpide, on dirait qu'elle est en jade. Il doit y avoir donc des palais célestes là-dessus ? et je prenais le vent pour y aller ? ... mais non, je ne pourrais pas supporter le froid et la solitude là-bas. Ici, je suis avec les amis, je bois, je danse, je joue avec mon ombre, comment ne suis-je pas heureux ?

La lune pleine et la lune incomplète se substituent, comme la joie de réunion et la tristesse de séparation des hommes. Je souhaite que l'affection entre nous ne diminue guère, et que nous partagions la beauté de la lune malgré notre distance.

 

Et nous pouvons écouter WANG Fei chanter ce poème ... clique ici!

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Vendredi 14 Septembre 2007

Deux belles histoires mélancoliques

se mettre ensemble (curieux; ravis; avec des espoirs; ...)
--> la vie de couple ( installation de la monotonie de la vie quotidienne - tyrannie du quotidien [ZBD]; enchaînement de l'âme et de la création; l'ennui et l'indifférence de l'homme; envie de s'en échapper; ...)
--> séparation (tentative d'échappement de cette maison-prison de l'homme; aperception de la femme et son départ, compréhensif; retrouvaille de la liberté d'âme de l'homme)
--> la mort de la femme (maladie? suicide? ["谁知道呢。总之是死了就是了。" Qui sait! En tout cas elle est morte.]). A cette époque, une femme vit avec un homme sans mariage; et le pire, c'est qu'ils se sont séparés, et que la femme est revenue chez ses parents. C'était plus grave qu'un scandale, et la pression sur la femme devait être extrêmement lourde ...
--> la solitude et la douleur de l'homme: d'un côté, la femme qui l'aime et qu'il aime n'est plus là, plus jamais; et puis, il a un fort remord qui grignote son coeur, surtout que le destin de la femme a été dramatique à cause de lui.

Le roman est très touchant, très réel, et profond. LU Xun lit dans l'âme du couple (surtout de l'homme, qui est "je" dans le roman) - lutte et errance entre la chaleur d'amour et la liberté d'âme, entre l'ordre traditionnel et la libération, entre l'illusion et la désillusion ...

 

  • Je ne sais pas si 《金粉世家》 (jin1 - fen3 - shi4 - jia1: or/ doré - poudre - famille notable/somptueuse) de 张恨水 (ZHANG Henshui) est traduit en français ou pas, mais je suis sûre que si, puisque c'est un si bon et si joli roman.


Déjà la table de matière ressemble à celle de "le rêve dans le pavillon rouhe" (Hong Lou Meng), en plus le contenu me fait y penser aussi. L'héros de ce roman - JIN Yanxi, comme Bao Yu, vit dans une grande famille de richesse et de noblesse du début 20e siècle, et vit parmi un groupe de personnes fémines: mère; concubines du père; soeurs; belles-soeurs; et aussi les belles amies dont fiancées potentielles.

Yan Xi s'est marié finalement avec une fille (LENG Qingqiu: froid - limpide - automne)hors de son entourage, une fille d'une famille ordinaire, "mais" d'une intelligence et d'un esprit extraordinaire. Le mariage réalisé, le drame débute:

Yan Xi, pour "chasser" le coeur de la fille, a entrepris une série d'"attaques" matérielles: robes; bijoux; théâtre; etc etc. Et la fille, devant la tendresse de ces "attaques matérielles" et aussi celle d'un jeune beau prince, peu à peu y fond... Enfin ils s'obtiennent l'accès l'un à l'autre, et ils ne s'aperçoivent qu'ils ne sont pas bien ensemble...

La fille a du caractère pour cette époque-là. Déçue et désepérée pour leur amour, considérant que son mari n'est qu'un prince qui ne fait que "mener une vie adonnée au plaisir" (traduction de chine-nouvelle pour 吃喝玩乐), elle a choisit de partir. Prenant le nouveau-né avec elle, elle est partie mystérieusement, et dès lors, personne n'a revu sa silhouette ...

 

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Dimanche 03 Juin 2007

interprétation d'un poème

Le chinois, c'est une langue floue, qui permet donc une souplesse, une espace d'interprétation. Plusieurs sens, plus ou moins liés, peuvent partager un même caractère; plusieurs genres - nom, adjectif, verbe, adverbe - partagent un seul caractère. En plus, c'est une langue très concise, encore plus le chinois ancien. Cela fait que, devant un poème, les individus différents comprennent différemment, chacun de sa manière, chacun ressent une scène à soi-même. Et très souvent, on ne peut pas dire que telle ou telle interprétation est correcte ou fausse ....

Voici mon poème préféré:

张继 (poète)

枫桥夜泊 (titre)

月落乌啼霜满天,

江枫渔火对愁眠。

姑苏城外寒山寺,

夜半钟声到客船。


Notes:
姑苏: la ville de Nanjing s'appellait Gusu à l'ancienne époque.
寒山寺: le nom d'un temple au bord de la ville.

Mon interprétation

枫桥夜泊
fēng qiáo yè bó
érable - pont - nuit - stationner (un bateau)

月落乌啼霜满天,
yuè luò wū tí shuāng mǎn tiān,
Lune - descendre - corbeau - crier ; chanter - gel ; brume - plein,e - ciel

江枫渔火对愁眠。
jiāng fēng yú huǒ duì chóu mián.
Rivière - érable - pêche - feu - face à - mélancolie - dormir

姑苏城外寒山寺,
gū sū chéng wài hán shān sì
Gusu - ville - dehors - froide - montagne - temple

夜半钟声到客船。
yè bàn zhōng shēng dào kè chuán
Nuit - demi - cloche - son ; bruit - arriver - barque.

La lune se couche ;
Le corbeau crie ;
le brume se lève.
Sous les érables,
face aux feus des pêchers,
je dors avec la mélancolie.
Du temple Froide Montagne situé en banlieue de Gusu,
la cloche sonnant mi-nuit,
une barque aborde le quai.

L'interprétation de Liu

枫桥夜泊 (titre)
feng - qiao - ye - bo -
Erable - pont - nuit - mouiller, jeter l'ancre
Escale nocturne sous les érables

月落乌啼霜满天,
yue - luo - wu - ti - shuang - man - tian
Lune, mois - tomber, descendre, baisser - noir, sombre, obscur, corbeau - pleurer, crier chanter (oiseau) - gelée blanche, givre - plein, rempli, satisfait, suffisant - ciel, jour
La lune descend dans l'obscurité et le givre larmoie dans le vaste ciel

江枫渔火对愁眠。
Jiang - feng - yu - huo - dui - chou - mian
Fleuve - érable - pêche - feu, fievre, colere - répondre, à, contre, envers, pour - être triste - sommeil
Le long du fleuve, sous les érables, la pêche sans chaleur, apporte mélancolie et sommeil

姑苏城外寒山寺,
Gusu - cheng - wai - han - shan - si
Gusu - muraille - extérieure - (froid- montagne - temple)
Au loin, la muraille du Temple de La Montagne Froide de Nanjing

夜半钟声到客船。
Ye - ban - zhong - sheng - dao - ké - chuan
Nuit - demi, presque - cloche, horloge, temps - son, voix, ton - arriver, aller à, jusqu'à - invité, hote - bateau, navire
Dans la nuit, le tintement couvert de la cloche arrive jusqu'à la barque comme une amie.

La traduction que j'ai vue sur un plan touristique sur la province Jiangsu

Avec le déclin de la lune et les cris des corbeaux, l'air fait sentir le froid;

La lueur des lampes des bateaux sous les ponts Jiang et Feng transmet de nombreux ennuis;

Du temple Hanshan de la banlieu de Suzhou,

vient jusqu'aux bateaux des étrangers, le son de la cloche de minuit.

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Samedi 26 May 2007

小谈《红楼梦》(épisode 4) - aliments finis, oiseaux envolés

Voici le grand point final de ce long rêve dans le "pavillon rouge"! Mon humble traduction est vraiment complètement faible pour transférer l'originel (ce n'est pas intransférable?), mais c'est seulement pour peu ou prou aider un peu à comprendre le sens en gros ....

[收尾.飞鸟各投林]

[shōuwěi - fēiniǎo gè tóu lín]

[ recueillir - fin, voler - oiseau - chacun - chercher abri - bois]

[Épilogue - les oiseaux cherchent chacun son bois]

为官的,家业凋零,

wéiguān de, jiāyè diāolíng

être - fonctionnaire ; mandarin - de, famille - entreprise ; fortune - faner

pour ceux qui ont eu le pouvoir, la gloire de famille se décline,

富贵的,金银散尽,

fùguì de, jīngyín sàn jìn

riche - noble - de, or - argent - disperser - fini,e

pour ceux qui ont eu la fortune, l'or et l'argent se sont épuisés,

有恩的,死里逃生,

yǒu'ēn de, sílǐ táoshēng

avoir - merci - de, mort - dedans - s'échapper - vie

ceux qui ont donné du merci se sont sauvés du danger,

无情的,分明报应.

wúqíng de, fēnmíng bàoyìng

sans - affection ; gentillesse - de, évidemment ; clairement - sanction ; punition

ceux qui ont été cruels ont reçu la sanction.

欠命的,命已还,

qiànmìng de, mìng yǐ huán

devoir ; endetter - vie - de, vie - déjà - rendre

ceux qui ont dû leur vie l'ont rendue,

欠泪的,泪已尽.

qiàn leì de, leì yǐ jìn

devoir ; endetter - larme - de, larme - déjà - fini,e

ceux qui ont dû des larmes en ont épuisé.

冤冤相报实非轻,

yuān yuān xiāng bào shí fēi qīng

injustice ; haine - injustice ; haine - réciproque - se venger - vraiment - non - léger,ère

les vengeances à cause des haines ont été écrasantes,

分离聚合皆前定.

fēn lí jù hé jiē qián dìng

séparer - quitter - réunir - rassembler - tous - avant - décider

les réunions et les séparations ont été prédestinées.

欲知命短问前生,

yù zhī mìng duǎn wèn qián shēng

vouloir - savoir - vie - court,e - demander - avant - vie

pour savoir son destin il faut consulter sa vie précédente,

老来富贵也真侥幸.

lǎo lái fùguì yě zhēn jiǎoxìng

vieux,vieille - arriver - richesse - noblesse - aussi - vraiment - chanceux,se

ceux qui sont chanceux ont eu la richesse et la gloire à la vieillesse

看破的,遁入空门,

kàn pò de, dùn rù kōng mén

regarder - percer - de, s'enfuir - entrer - vide - porte

ceux qui voient à travers la vie entrent par la porte vide (la porte bouddhique)

痴迷的,枉送了性命.

cīmí de, wàng sòng le xìngming

idiot,e - passionner - de, vainement - donner - le - vie

ceux qui s'enfoncent aux illusions consacrent la vie.

好一似食尽鸟投林,

hǎo yī sì shí jìn niǎo tóu lín

bien - comme - aliment - fini,e - oiseau - chercher abri - bois

c'est comme des oiseaux qui se dispersent dans la forêt après l'épuisement des aliments,

落了片白茫茫大地真干净!

luò le piàn báimángmáng dàdì zhēn gānjìng !

tomber ; rester - le - étendue (classificateur) - blanc,che - immense - immense - grand - terre - vraiment - propre

il ne reste qu'un terrain blanc de neige, tout immense et tout propre !

Posted by Jade at 22:32:02 | Permanent Link | Comments (2) |

Lundi 21 May 2007

Un petit poème: rizière et grenouilles

夜行黄沙道中 (le titre)
辛弃疾 (le poète)

明月别枝惊鹊,
清风半夜鸣蝉.
稻花香里说丰年,
听取蛙声一片.

七八个星天外,
两三点雨山前.
旧时茅店社林边.
路转溪桥忽见.

 

西江月
Genre de poème : ouest - rivière - lune

夜行黄沙道中
Nuit - marcher ; faire la route - jaune - sable - route
辛弃疾
XIN Qiji

明月别枝惊鹊,
Clair - lune - quitter ; partir de - branche - surprendre - pie
清风半夜鸣蝉.
limpide - vent - demi - nuit - crier ; chanter - cigale
稻花香里说丰年,
Rizière - fleur - parfum - dans - parler (de) - plein ; abondant - an
听取蛙声一片.
Écouter - prendre - grenouille - bruit ; son - un - (classificateur) vaste étendue

七八个星天外,
Sept - huit - (classificateur) pian - étoile - ciel - dehors
两三点雨山前.
Deux - trois - (classificateur) point - pluie - montagne - devant
旧时茅店社林边.
Ancien - temps - paille - boutique ; auberge - association ; hôtel - bois - côté
路转溪桥忽见.
Chemin - tourner - rivière - pont - soudain - voir.

Au milieu de la marche nocturne, sur une route de sable jaune
XIN Qiji

La lune claire se lève des branches, surprenant les pies,
Le vent doux soufflant à minuit, les cigales chantent.
Parmi le parfum des franges des rizières, les gens parlent de la récolte qui arrivera,
En écoutant la chorale des grenouilles.

Sur le ciel, sept ou huit étoiles,
Devant les montagnes, deux ou trois gouttes de pluie.
Passé par le bois et le petit hôtel,
Soudain se découvre devant moi un pont sur la rivière.

 

Interprétation de Liu:

Voyage nocturne sur un chemin de sable jaune
La lune claire n'effraie pas la pie sur sa branche
La cigale chante distinctement dans la brise de la nuit,
Le parfum des fleurs de riz présage d'une bonne récolte,
Je perçois le bruit des grenouilles qui se jettent à l'eau,
Les étoiles parsèment le ciel,
La pluie effleure la montagne,
La vieille auberge du roseau à l'orée du bois,
J'aperçois soudain le ruisseau qui serpente sous le pont.

 

Interprétation de Gangounet:

dans la première partie le vers à souligner est le troisième : la joie de voir de bonnes récoltes se présager. C'est pourquoi le poète anime la nuit, normalement calme et silencieuse. Et je comprends le troisième vers comme la personnification des grenouilles.

Le clair de lune quitte les branches, faisant voler les pies;
La légère brise de minuit porte le chant des cigales.
Au milieu de cette bonne odeur de riz, elles parlent des bonnes récoltes à venir,
Ces grenouilles qui croassent en choeur.

Dans la seconde partie, on voit que le voyage est bientôt terminé (enfin, en tous cas la nuit touche à sa fin. On voit ça avec le cinquième vers : il ne reste que quelques étoiles) et une averse s'annonce. Le poète cherche apparemment un abri qu'il connaissait et finalement le trouve au détour de la rivière.

Quelques étoiles brillent encore au ciel,*
Tandis que des gouttes mouillent le pied de la montagne.
Où est donc cet abri que je croyais près de ce bois ?
Ah, je le vois au détour de la rivière.

 * : finalement, je ne pense plus que les étoiles annoncent le lever du jour, c'est tout simplement parce qu'il va bientôt pleuvoir que le ciel s'assombrit. 

Posted by Jade at 10:30:13 | Permanent Link | Comments (9) |

Mardi 15 May 2007

Un poème de SU Shi

鹧鸪天 (genre de poème : Zhe gu tian)

苏轼 (SU Shi)

林断山明竹隐墙,

(lín duàn shān míng zhú yǐn qiáng)

Bois - rompu ; arrêté - montagne - clair,e - bambou - cacher ; retirer - mur

Au bout du bois, la montagne devient plus éclairée. Devant, se trouve une maison cachée derrière des bambous.

乱蝉衰草小池塘.

(luàn chán shuāi cǎo xiǎo chítáng)

Désordre - cigale - fané,e - herbe - petit - étang

Les cigales chantent ; au tour du petit étang on voit des herbes sèches.

翻空白鸟时时见,

(fān kōng bái niǎo shí shí xiàn)

Tourner - ciel - blanc - oiseau - souvent - souvent - se montrer

Les oiseaux traversant le ciel montrent leur silhouette blanche.

照水红蕖细细香.

(zhào shuǐ hóng qú xì xì xiāng)

Refléter - eau - rouge - lotus - fin,e -fin,e - parfum

Les lotus rouges se reflètent dans l'eau, d'où souffle du parfum léger.

 

村舍外, 古城旁,

(cūn shě wài, gǔ chéng páng,)

Village - maison - dehors, ancien,ne - ville - côté

Sortant du village, longeant la muraille ancienne,

杖藜徐步转斜阳.

(zhàng lí xú bù zhuǎn xié yáng)

Canne - chénopode - doucement ; lentement - pas - tourner - courbé,e - soleil

Avec la canne en chénopode, au pas lent, ???

殷勤昨夜三更雨,

(yīnqín zuó yè sān gēng yǔ)

Hospitalier ; complaisant - hier - nuit - trois - geng (unité du temps,toutes les deux heures font un geng) - pluie

Heureusement, dans la nuit il y a eu un coup de pluie,

又得浮生一日凉.

(yòu dé fú shēng yī rì liáng)

Encore - obtenir - flotter - vie - un - jour - fraîcheur

Qui nous apporte de la fraîcheur pour un jour de plus.

 

(P.S. la traduction n'est qu'une tentation, car le langage chinois, souvent, ne permet pas de décodage stagnant.)

Paysages décrits : bois ; montagne ; bambous ; maison ; cigales ; herbes ; étang ; muraille ; soleil couchant.

Ce qui est en mouvement: le soufflement du vent apportant du parfum des lotus; les oiseaux blancs qui traversent le ciel; et la promenade du poète.

Nous sentons le mouvement du poète en suivant le poème - son trajet de promenade : il sort du bois, et voit la maison derrière des bambous, un étang où il y a des lotus dont les fleurs distribuent du léger parfum. Il s'en éloigne, continuant sa promenade le long de la muraille ancienne. Il se lève la tête, et voit le soleil se coucher, .... Il se réjouit de la fraîcheur d'une fin de journée d'été, et pense à remercier l'aimable pluie de la nuit.

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Lundi 07 May 2007

Nostalgie d'automne

《秋思》马致远

« sentiments automnaux », MA Zhiyuan

 

枯藤老树昏鸦

kūténg lǎoshù hūnyā

flétri ; fané ; sec - plante grimpante ; rotin - vieux - arbre - sombre - corbeau

Des rotins flétris grimpent sur les vieux arbres, les corbeaux s'y reposent.

小桥流水人家

xiǎoqiáo liúshuǐ rénjiā

petit - pont - courant - eau - personne - foyer

L'eau coule sous le petit pont, les foyers se distribuent au bord.

古道西风瘦马

gǔdào xīfēng shòumǎ

vieux ; ancien - route - ouest - vent - maigre - cheval

Le vent d'ouest se soulève sur cette route ancienne, un cheval maigre est en route.

夕阳西下

xīyáng xīxià

soir - soleil - ouest - descendre

Le soleil se couche dans l'ouest.

断肠人在天涯

duàncháng rén zài tiānyá

rompu ; cassé - intestins - personne - à ; dans - ciel - rive ; bord

La personne, cœur brisé, vagabonde loin de la famille.

 

Avec 28 caractères, le poème montre devant nous un environnement où nous voyons : rotins ; arbres ; corbeaux ; pont ; eau ; maisons ; route ; vent ; cheval ; soleil couchant ; la personne, et ... les sentiments de la personne.

Les arbres sont vieux, les corbeaux sont sombres, le cheval est maigre, le soleil se couche, ... le poète a-t-il encore besoin de faire couler de l'encre pour décrire sa solitude et sa nostalgie sur sa route de vagabondage ?!

 

[译文]
枯藤缠绕着老树,树枝上栖息着黄昏时归巢的乌鸦,小桥下,流水潺潺,旁边有几户人家,在古老荒凉的道路上,秋风萧瑟,一匹疲惫的瘦马驮着我蹒跚前行。夕阳向西缓缓落下,悲伤断肠的人还漂泊在天涯。


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Mercredi 18 Avril 2007

小谈《红楼梦》(épisode 3) - première rencontre de Baoyu et Daiyu

Le rapport entre Baoyu et Daiyu est prédestiné, selon le commencement mythique du roman "Le rêve dans le pavillon rouge": Baoyu, une pierre abandonnée au début, s'est transformé en un prince Shenying (jade célestre) vivant dans le monde immortel; Daiyu, dans la vie précédente, était une fine herbe grâcieuse - herbe Jiangzhu. Prince Shenying arrosait la petite herbe tous les jours avec de l'eau de rosée pour qu'elle survive. Pour remercier cet arrosage, l'herbe Jiangzhu, voyant que prince Jade Célestre allait faire un tour dans le monde terrestre, a décidé d'y aller auprès de lui, pour lui rembourser l'eau rosée par ses larmes. Ils, cousin et cousine, ont véçu dans deux endroits différents, jusqu'à ce moment où ils se rencontrent dans le monde terrestre, et ils sont surpris que l'un pour l'autre ne soit pas inconnu ....

面若中秋之月,色如春晓之花,鬓若刀裁,眉如墨画,面如桃瓣,目若秋波.虽怒时而若笑,即视而有情.项上金螭璎珞,又有一根五色丝绦,系着一块美玉.黛玉一见,便吃一大惊,心下想道:"好生奇怪,倒象在那里见过一般,何等眼熟到如此!"

Son visage est comme la lune du mi-automne, sa mine est comme une fleur d'un matin du printemps, ses cheveux des tempes sont comme s'ils sont coupés minutieusement, ses sourcils sont comme s'ils sont dessinés en crayon noir, ses joues sont comme des pédales des fleurs de pêchers. Ses yeux sont comme les courants d'eau en automne, souriants même quand il est fâché, émotionnels même quand il ne te regarde pas. Au tour du cou, il y a un collier de perles ; en plus, un cercle de soie de cinq couleurs attache un morceau de jade. En le voyant, Daiyu sursaute de surprise, se demandant : c'est étrange ! je ne l'ai pas vu quelque part ? pourquoi il n'est pas inconnu dans mes yeux ?

...

两弯似蹙非蹙ズ烟眉,一双似喜非喜含情目.态生两魇之愁,娇袭一身之病.泪光点点,娇喘微微.闲静时如姣花照水,行动处似弱柳扶风.心较比干多一窍,病如西子胜三分.宝玉看罢,因笑道:"这个妹妹我曾见过的."

On ne sait pas, par ses sourcils courbés, si elle est soucieuse ; on ne sait pas, par ses yeux sentimentaux, si elle est joyeuse. La mélancolie s'exprime sur ses joues, la fragilité saisit son corps gracieux. Le scintillement des larmes, la tendresse des souffles. Calme, elle est comme le reflet d'une jolie fleur dans l'eau ; marchant, elle est comme une fine branche de saule sous un vent doux. Dans son cœur il y a un trou de plus que Bigan*, la beauté de son corps fragile l'emporte devant Xishi*. Baoyu, l'ayant vue, dit en souriant : cette sœur, je l'ai vue quelque part.

 

Bigan 比干: selon une histoire mi mythique mi historique, dans la dynastie Shang il y a eu un haut dignitaire qui s'appelait Bigan. Il était extraordinairement intelligent, et il avait 7 trous dans le cœur. C'est une métaphore : un cœur qui contient 7 trous permet à l'homme d'avoir une habilité spirituelle, car la réflexion coule vite en passant par les trous. Bigan mourut de son cœur : l'empereur, pour faire plaisir à une belle concubine, a fait ouvrir le corps de Bigan pour voir comment était un cœur de 7 trous ...

Xishi 西施: une des quatre célèbres belles femmes dans l'histoire de Chine : 西施 (Xishi ), 王昭君(Wang zhaojun)、貂蝉 (Diao chan)、杨玉环 (Yang yuhuan), qui ont accompagné et influencé chacune un certain empereur. Surtout « Xishi » devient une expression qui signifie « une femme de grande beauté »

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Mardi 10 Avril 2007

小谈《红楼梦》(épisode 2) - retour de la pierre

"Le rêve dans le pavillon rouge" commence et termine par un mythe: Baoyu, dans sa vie antérieure, était une pierre abandonnée, et au fur du temps passé, a obtenu de la vivacité. Un moine taösite et un moine bouddhiste ont aidé cette petite pièce de pierre à assouvir son désir - aller faire un tour dans le monde humain terrestre, comme un prince d'une grande famille féodale JIA, où il s'appelle JIA Baoyu (JIA précieux jade). Ce qui signale son origine particulier - il est né avec un petit jade dans la bouche. Il le porte donc toujours avec lui, s'il le perd (par une intervention célestre), il perd sa conscience et son énergie ....

Au bout de 19 ans dans un monde pas comme les autres - le jardin royal de JIA, le moment lui arrive de retourner là où il a été .... Un prince romantique, sentimental, gâté extrêmement, entourné par des délicieuses filles - soeurs, cousines, soubrettes, doit reconfronter le mont Qinggeng, laissant les filles qu'il a traitées avec tout son soin continuer leur vie dramatique ou heureuse, et laissant nous les lecteurs dans la mélancolie et la nostalgie... -->

我所居兮,青埂之峰.
wǒ suǒ jū xī, qīnggěng zhī fēng.
Où j'habite ? Au mont de Qinggeng.
 
我所游兮,鸿蒙太空.
wǒ suǒ yóu xī, hóngméng tài kōng
Où je voyage ? L'univers immense et opaque.
 
谁与我游兮, 吾谁与从.
shuí yǔ wǒ yóu xī, wǒ shuí yǔ cóng
Qui voyage avec moi, je le suis.
 
渺渺茫茫兮,归彼大荒.
miáomiǎo mángmáng xī, guī bǐ dàhuāng
Je retourne dans le désert vaste et obscur.

 

Posted by Jade at 13:24:20 | Permanent Link | Comments (2) |

小谈《红楼梦》(épisode 1) - 枉凝眉

Le thème central de《红楼梦》("rêve dans le pavillon rouge"), c'est l'aventure d'amour entre JIA Baoyu et sa cousine LIN Daiyu. Un drame sentimental! C'était une époque où l'amour ne comptait pas et ne valait rien. C'était l'ordre des parents (et des grands-parents) qui déterminait un mariage. Ces parents voyaient bien que Baoyu et Daiyu s'entendaient bien, se comprenaient bien, et alors? Un léger coup d'idée faisait qu'ils veuillent épouser une autre cousine - XUE Baochai au précieux prince de la famille Baoyu. Pourquoi? La grand-mère, la plus grande puissance de la famille a dit: Daiyu a une santé plus fragile que Baochai; Baochai a le caractère plus 沉稳 - calme et constant. Les mariages des enfants étaient leurs pions, qu'ils pouvaient placer où ils voulaient .... Surtout cette Daiyu, qui osait aimer et même exprimer ses sentiments, c'était scandaleux!

Voici un des poèmes de cet oeuvre géant qui contient un monde humain, le poème consacré à l'amour entre Baoyu et Daiyu, accompagné du pinyin et de mon humble traduction, et il y a aussi la chanson qui a ce poème comme parole -->

[枉凝眉]

wàng níng méi (genre poétique)

La chanson

一个是阆苑仙葩,

yīgè shì lángyuàn xiānpā

Elle, un bourgeon célestre,

一个是美玉无瑕.

yīgè shì měiyù wúxiá

Lui, un jade précieux,

若说没奇缘,

ruò shuō méi qíyuán

s'il n'y a pas de lien prédestiné,

今生偏又遇着他,

jīnshēng piān yòu yù zhe tā

pourquoi elle l'a rencontré dans la vie,

若说有奇缘,

ruò shuō yǒu qíyuán

si le lien est prédestiné,

如何心事终虚化?

rúhé xīnshì zhōng xū huà

pourquoi tous leurs sentiments ont abouti au vide?

一个枉自嗟呀,

yígè wàngzì jiēyā

Elle, a eu beau soupirer,

一个空劳牵挂.

yígè kōngláo qiānguà

Lui, a eu beau y penser.

一个是水中月,

yígè shì shuǐ zhōng yuè

Elle, comme une lune dans l'eau,

一个是镜中花.

yígè shì jìng zhōng huā

Lui, comme une fleur dans le miroir.

想眼中能有多少泪珠儿,

xiǎng yǎnzhōng néng yǒu duōshǎo leìzhūer

Combien de perles de larme y aurait-il dans ses yeux,

怎经得秋流到冬尽,

zěn jīngde qiū liú dào dōng jìn

pour couler de l'automne en fin d'hiver,

春流到夏!

chūn liú dào xià

et du printemps en été !

 

Posted by Jade at 12:39:47 | Permanent Link | Comments (0) |
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