Friday, September 19, 2008

一剪梅 (李清照)

红藕香残玉簟秋。

轻解罗裳,独上兰舟。

云中谁寄锦书来?

雁字回时,月满西楼。

花自飘零水自流。

一种相思,两处闲愁。

此情无计可消除,

才下眉头,却上心头。

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Brève présentation de la poétesse :

李清照:1084~?,南宋女词人。号易安居士,齐州章丘(今山东)人。父李格非为当时著名学者,夫赵明诚为金石考据家。早期生活优裕,与赵明诚共同致力于书画金 石搜集整理。金兵入据中原,流寓南方,明诚病死,境遇孤苦。所作词,前期多反映其悠闲生活,后期多悲叹身世,情调感伤.

[LI Qingzhao : née en 1084, morte en ? poétesse de Song du Sud. Son surnom c’est « résidente de Yi’an », de Zhangqiu (Shandong d’aujourd’hui). Son père GeFei était un grand intellectuel ; son mari était un chercheur en pierres précieuses ( ?). Au cours de la jeunesse, elle menait une vie aisée, et aidait son mari ZHAO Mingcheng a travailler les pierres, et des œuvres de calligraphie et de peinture. Dès l’envahissement de Jin, le couple a vagabondé dans le sud ; le mari est mort de maladie ; elle a commencé une vie solitaire et triste. Le style de ses poèmes a eu deux périodes : 1ère période – une vie oisive ; 2ème période – tristesse.]

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Brève présentation du contexte du poème :

这是作者思念其丈夫而不可排遣之情的诗篇。 写于丈夫处出远游游学之时.

[La poétesse exprime, dans ce poème, sa pensée pour son mari qui est loin d’elle ….]

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hóng ǒu xiāng cán yù diàn qiū,

qīng jiě luó shāng, dú shàng lán zhōu,

yún zhōng shéi jì jǐn shū lái,

yàn zì huí shí, yuè mǎn xī lóu.

 

huā zì piāo líng shuǐ zì liú,

yì zhǒng xiāng sī, liǎng chù xián chóu,

cǐ qíng wú jì kě xiāo chú,

cái xià méi tóu, què shàng xīn tóu.

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Rouge – lotus – parfum – faner ; épuiser – jade – natte en paille ou bambou – automne,

Légèrement – déboutonner ; déshabiller – soie – vêtement,

Seul – monter – orchidée – bateau,

Nuage – dans – qui – envoyer – élégant ; splendide – lettre – venir,

Oie sauvage – caractère – retourner – moment,

Lune – plein ; remplir – ouest – pavillon.

 

Fleur – soi-même – flotter – zéro ; solitaire – eau – soi-même – couler,

Un,e – genre – mutuel ; réciproque – pensée,

Deux – endroits – oisif,ve – souci ; mélancolie,

Ceci – émotion ; sentiment – sans – moyen ; stratégie – pouvoir – disparaître – éliminer,

A peine – descendre – sourcil – bout,

Mais – monter – cœur – bout.

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P.S. Comme d’habitude, c’est juste une tentative, puisque un poème classique chinois est rempli d’énigmes, chacun comprend de sa façon.

 

Les fleurs de lotus fanées, leur parfum épuisé,

La fraicheur de la natte annonce l’arrivée de l’automne,

Soulevant légèrement ma robe de soie,

Je monte tout seul dans la barque,

Est-ce que les nuages m’apporteraient une lettre envoyée de loin ?

Quand les oies sauvages retourneront en rang,

Nous allons admirer ensemble la lune pleine auprès du pavillon d’ouest.

 

Les flocons s’en vont, emportés par le courant,

Nous sommes séparés par la distance,

En partageant notre regret réciproque,

Comment puis-je éliminer ma pensée pour toi ?

Qui vient juste de partir de mes sourcils,

Mais occupe déjà mon cœur.

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Thursday, August 21, 2008

李煜 浪淘沙

帘外雨潺潺, 春意阑珊, 罗衾不耐五更寒.
梦里不知身是客, 一晌贪欢.

独自莫凭阑! 无限江山, 别时容易见时难.
流水落花春去也, 天上人间.

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lián wài yǔ chán chán, chūn yì lán shān, luó qīn bú nài wǔ gēng hán,

mèng lǐ bù zhī shēn shì kè, yì shǎng tān huān.

dú zì mò píng lán, wú xiàn jiāng shān, bié shí róng yì jiàn shí nán,

liú shuǐ luò huā chūn qù yě, tiān shàng rén jiān.

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Une brève présentation du poète:

李煜(937—978, 宋建隆二年(961年)在金陵即位,在位十五年,世称李后主。宋开宝七年(974年), 被俘到汴京. 太平兴国三年(978)七夕是他四十二岁生日,宋太宗恨他有故国不堪回首月明中之词,命人在宴会上下牵机药将他毒死。

LI Yu (937 - 978), empereur à partir de l’an 961 à Jinling (Nanjing), et il est resté sur le trône pendant 15 ans, nommé LI Houzhu. Son royaume Tang du Sud était en train d’être succédé par la dynastie Song. En l’an 974, il a été capté et emprisonné par Song dans la capitale de celui-ci. En l’an 978, son anniversaire de 42 ans, l’empereur Taizong de Song l’a empoisonné au cours du repas d’anniversaire de LI Yu, pour sa nostalgie de son royaume exprimés dans ses vers de poèmes.

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Rideau – dehors – pluie – chan chan (le bruit des gouttes de pluie),

Printemps – ambiance – toucher à la fin,

Couverture de soie – ne pas – résister – cinq – geng – froid,

Rêve – dans – ne pas – savoir – corps ; soi-même – être – invité ; parasite ; prisonnier,

un,e – instant, moment – être avide de ; s’attacher à – joie.

Seul – ne pas – s’appuyer contre – balustrade,

Sans – limite ; bout – (rivière – montagne) territoire ; paysages,

Quitter – moment – facile – voir ; revoir – moment – difficile,

Couler – eau – tomber – fleur – printemps – s’en aller ; partir – ye (donc, alors),

Ciel – dessus – monde terrestre.

*五更 (cinq geng) : 后半夜3时至5 (de trois heures à cinq heures du matin)

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En dehors du rideau, la pluie tombe goutte par goutte ( ?),

La saison de printemps touche à sa fin,

Le froid de cinquième veille de nuit perce la légère couverture de soie.

Dans les rêves, ayant oublié la réalité cruelle,

J’ai enfin retrouvé un moment de joie.

Tout seul, ne t’appuie pas contre les balustrades,

En regardant vers ton territoire lointain,

Que tu as quitté en un clin d’œil, et que tu ne peux plus revoir.

L’eau coule, les fleurs s’éparpillent, le printemps s’en va,

Dans cet enfer, je pense à mon paradis ….

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Sunday, August 17, 2008

poème: 送元二使安西

渭城*朝雨浥*轻尘,客舍青青柳色新。

劝君更尽一杯酒,西出阳关*无故人。

–唐·王维

* 渭城 (weicheng):L’ancien Xianyang, qui se trouve au nord-ouest de Xi’an, de province Shanxi./ 在今陕西省西安市西北,即秦代咸阳古城。
* 浥 (yi):Mouiller / 润湿。
* 阳关 (Yangguan):Un passage important, à l’époque, pour aller dans le nord-ouest, qui se trouve au sud-ouest de Dunhuang, de province Ganshu. / 在今甘肃省敦煌西南,为自古赴西北边疆的要道。

Weicheng - matin - pluie - mouiller - léger, ère - poussière,
Auberge - vert - vert - saule - couleur - nouveau, elle ; neuf, ve
Proposer, conseiller - vous - encore - finir ; épuiser - un - verre - alcool
Ouest - sortir - Yangguan - sans ; il n’y a pas - ancien, ne - personne

Mon humble traduction:

La pluie matinale à Weicheng a chassé la poussière, (purifié l’air,)

Autour de l’auberge, un monde de verdure,

Des branches de saules est né le vert tout neuf.

Mon cher ami, je te propose de vider ce verre,

Sache que, une fois franchi Yangguan, (sur le long chemin désert,)

Il n’y aura plus ton bon ami à côté.

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Fcharton:

Dans la ville sur la Wei, la pluie du matin a lavé la poussière

Dans la cour de l’auberge, les saules verts brillent d’un éclat nouveau

Venez, buvons un dernier verre

Passé le col, à l’ouest, vous n’aurez plus d’amis.

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Fougère:

Dans la ville Wei la pluie de matin délave la poussière

L’auberge est teinté en pers par des fraîches feuilles de saules

Allons, encore un verre, buvons d’un trait

Delà la poste frontière à l’Ouest tu ne trouveras plus tes anciens amis

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Monday, August 11, 2008

poème: 泊秦淮

杜牧

烟笼寒水月笼沙

夜泊秦淮近酒家

商女不知亡国恨

隔江犹唱后庭花

Jeter l’encre - rivière Qinhuai*

DU Mu

Brume - couvrir - froid - eau - lune - couvrir - sable

Nuit - amarrer ; ancrer - rivière Qinhuai - s’approcher de - bistrot

Courtisane - ne pas - savoir - mourir ; dépérir - pays - haine ; tristesse

Séparer ; à l’autre côté de - rivière - encore - chanter - Hou ting hua*

La rivière froide couverte de la brume ;

Le quai sous la lumière de lune.

Le bateau jette l’ancre au bord de la rivière Qinhuai,

Près des bistrots,

Où l’on entend,

A l’autre côté,

Une femme ignorant le dépérissement de la patrie,

Chanter encore Hou Ting Hua.

秦淮*: rivière Qinhuai (à Nanjing 南京)
后庭花* le titre d’une chanson adaptée d’un poème du dernier empereur de la dynastie Tang du Sud 南唐, Chen Houzhu 陈后主, qui a fait enterrer son royaume ….

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Traduction Gangounet:

La brume enveloppe la froide rivière tandis que la lune drape le sable,
De nuit, près des tavernes, me voilà amarré sur la rivière Qin Huai.
Depuis l’autre rive me parvient cet air funeste,
Vendu par ces belles-de-nuit* qui semble ignorer le regret de leur patrie anéantie.

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Traduction Fcharton:

A l’amarre à Qinhuai

La brume couvre l’eau froide, la lune couvre le sable
A l’amarre, la nuit, à Qinhuai, on est près des tavernes
Les marchandes de bonheur n’ont que faire de notre décadence
Près du Fleuve, on chante seulement la fleur de la cour arrière

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Traduction Yaya:

Lorsque je jette l’ancre au bord de la rivière Qinhuai
Pour faire paître les bestiaux,
La brume glaciale couvre l’eau et la lune couvre le sable.
Lorsque le froid de la nuit s’amarre, seul l’alcool me rapproche de ma famille.
On discute des femmes pour ne pas savoir qu’on voit disparaître son pays avec regret.
Le fleuve qui nous sépare me fait chanter un fois de plus « HouTingHua ».

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Saturday, September 22, 2007

Un poème de SU Shi: 明月几时有

水调歌头

Genre de poème : Shui Diao Ge Tou

丙辰中秋欢饮达旦, 大醉作此篇, 兼怀子由.

(En an BingChen, le soir de mi-automne, nous buvons jusqu’au bon matin. Complètement ivre, j’ai fait ce poème, à la fois pour exprimer ma pensée pour mon frère Ziyou.)

苏轼

明月几时有? 把酒问青天.

míng yuè jǐ shí yǒu, bá jiǔ wèn qīng tiān.

Clair ; brillant - lune - quel,le - temps - il y avoir ?

Prendre ; tenir - alcool - demander - vert - ciel.

不知天上宫阙, 今夕是何年.

bù zhī tiān shàng gōngquè, jīn xī shì hé nián.

Ne pas - savoir - ciel - dessus ; haut - palais impérial,

Aujourd’hui - soir - être - quel,le - année.

我欲乘风归去, 惟恐琼楼玉宇, 高处不胜寒.

wǒ yù chéng fēng guī qù, wéi kǒng qióng lóu yù yǔ, gāo chù bù shēng hán.

Je - vouloir - prendre ; se faire transporter - vent - retourner - aller,

Seulement - craindre - beau jade - pavillon - jade - maison,

Haut - endroit - ne pas - supporter - froid.

起舞弄清影, 何似在人间.

qí wǔ nòng qīng yǐng, hé sì zài rénjiān.

Lever ; entamer - danse - manier ; jouer - limpide - ombre,

Comment - ressembler à - à ; dans - monde terrestre.

 

转朱阁, 低绮户, 照无眠.

zhuǎn zhū gé, dī yǐ hù, zhào wú mián.

Tourner - rouge ; coloré - pavillon ; pièce dans une maison,

Bas ; baisser - broder - fenêtre,

Eclairer - sans - sommeil.

不应有恨, 何事长向别时圆.

bù yīng yǒu hèn, hé shì cháng xiàng bié shí yuán.

Ne pas - il falloir - il y avoir - haine ; regret,

Quel,le ; pourquoi - affaire - long ; toujours - vers - quitter ; partir - moment ; lors de - rond.

人有悲欢离合, 月有阴晴圆缺, 此事古难全.

rén yǒu bēi huān lí hé, yuè yǒu yīn qíng yuán quē. cǐ shì gǔ nán quán.

Homme ; personne - il y avoir - tristesse ; triste - joie ; joyeux - séparer - réunir,

Lune - il y avoir - sombre - clair - rond - incomplet,

Ce ; ceci - affaire - avant ; ancien ; depuis toujours - difficile - complet.

但愿人长久, 千里共婵娟.

dàn yuàn rén cháng jiǔ, qiān lǐ gòng chánjuān.

Seulement - souhaiter - homme ; personne - long - longtemps,

Mille - li ; lieu - partager ; commun - belle clarté de la lune.

 

Mon humble traduction personnelle

A quel moment nous aurons encore une lune brillante comme celle de ce soir ? Le verre dans la main, je demande au ciel bleu.

Et, en quelle année sont-ils dans le palais céleste ?

Je voudrais bien prendre le vent pour y aller,

Cependant, je crains, sous les toits de beau jade en haut, ne pas supporter le froid et la solitude.

Dansant, je joue avec mon ombre. Comment peut-on dire que l’on est moins bien dans le monde terrestre ?

 

La lumière de lune se balade autour des murs et des fenêtres colorés, éclaire la personne en insomnie.

Je ne veux pas avoir du regret, mais pourquoi la lune n’est pleine qu’au moment où les gens se séparent ?

Chez les hommes, il y a la tristesse de séparation et la joie de se réunir,

Pour la lune, elle est parfois sombre, parfois claire, parfois ronde, parfois incomplète,

Rien n’a jamais été parfait.

Je souhaite que notre affection soit éternelle, et que nous partagions  la clarté de la belle lune malgré notre distance de mille lieus.

 

Si ça aide, une interprétation en chinois moderne trouvée sur Internet :

明月从何时才有?手持酒杯来询问青天。
不知道天上宫殿,今年是哪年。
我想要乘御清风归返,又恐怕返回月宫的琼楼玉宇,受不住高耸九天的冷落、风寒。起舞翩翩玩赏着月下清影,归返月殿怎比得上在人间!
转过朱红楼阁,月光低洒在绮窗前,照到床上人惆怅无眠。
明月不该有什么怨恨,却为何总在亲人离别时候才圆?
人有悲欢离合的变迁,月有阴晴圆缺的转换,这种事自古来难以周全。
但愿离人能平安康健,远隔千里共享月色明媚皎然。

 

Commentaire : la lune est pleine, mais pas la famille. Mon frère avec qui il s’entend tellement bien doit partir loin, hélas ! Quand la lune redeviendra pleine, quand les gens se rejoindront ? Les moments joyeux ne sont jamais permanents, ni pour l’homme ni pour la lune.

La lune est si claire, si limpide, on dirait qu’elle est en jade. Il doit y avoir donc des palais célestes là-dessus ? et je prenais le vent pour y aller ? … mais non, je ne pourrais pas supporter le froid et la solitude là-bas. Ici, je suis avec les amis, je bois, je danse, je joue avec mon ombre, comment ne suis-je pas heureux ?

La lune pleine et la lune incomplète se substituent, comme la joie de réunion et la tristesse de séparation des hommes. Je souhaite que l’affection entre nous ne diminue guère, et que nous partagions la beauté de la lune malgré notre distance.

 

Et nous pouvons écouter WANG Fei chanter ce poème … clique ici!

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Friday, September 14, 2007

Deux belles histoires mélancoliques

se mettre ensemble (curieux; ravis; avec des espoirs; …)
–> la vie de couple ( installation de la monotonie de la vie quotidienne - tyrannie du quotidien [ZBD]; enchaînement de l’âme et de la création; l’ennui et l’indifférence de l’homme; envie de s’en échapper; …)
–> séparation (tentative d’échappement de cette maison-prison de l’homme; aperception de la femme et son départ, compréhensif; retrouvaille de la liberté d’âme de l’homme)
–> la mort de la femme (maladie? suicide? ["谁知道呢。总之是死了就是了。" Qui sait! En tout cas elle est morte.]). A cette époque, une femme vit avec un homme sans mariage; et le pire, c’est qu’ils se sont séparés, et que la femme est revenue chez ses parents. C’était plus grave qu’un scandale, et la pression sur la femme devait être extrêmement lourde …
–> la solitude et la douleur de l’homme: d’un côté, la femme qui l’aime et qu’il aime n’est plus là, plus jamais; et puis, il a un fort remord qui grignote son coeur, surtout que le destin de la femme a été dramatique à cause de lui.

Le roman est très touchant, très réel, et profond. LU Xun lit dans l’âme du couple (surtout de l’homme, qui est “je” dans le roman) - lutte et errance entre la chaleur d’amour et la liberté d’âme, entre l’ordre traditionnel et la libération, entre l’illusion et la désillusion …

 

  • Je ne sais pas si 《金粉世家》 (jin1 - fen3 - shi4 - jia1: or/ doré - poudre - famille notable/somptueuse) de 张恨水 (ZHANG Henshui) est traduit en français ou pas, mais je suis sûre que si, puisque c’est un si bon et si joli roman.


Déjà la table de matière ressemble à celle de “le rêve dans le pavillon rouhe” (Hong Lou Meng), en plus le contenu me fait y penser aussi. L’héros de ce roman - JIN Yanxi, comme Bao Yu, vit dans une grande famille de richesse et de noblesse du début 20e siècle, et vit parmi un groupe de personnes fémines: mère; concubines du père; soeurs; belles-soeurs; et aussi les belles amies dont fiancées potentielles.

Yan Xi s’est marié finalement avec une fille (LENG Qingqiu: froid - limpide - automne)hors de son entourage, une fille d’une famille ordinaire, “mais” d’une intelligence et d’un esprit extraordinaire. Le mariage réalisé, le drame débute:

Yan Xi, pour “chasser” le coeur de la fille, a entrepris une série d’”attaques” matérielles: robes; bijoux; théâtre; etc etc. Et la fille, devant la tendresse de ces “attaques matérielles” et aussi celle d’un jeune beau prince, peu à peu y fond… Enfin ils s’obtiennent l’accès l’un à l’autre, et ils ne s’aperçoivent qu’ils ne sont pas bien ensemble…

La fille a du caractère pour cette époque-là. Déçue et désepérée pour leur amour, considérant que son mari n’est qu’un prince qui ne fait que “mener une vie adonnée au plaisir” (traduction de chine-nouvelle pour 吃喝玩乐), elle a choisit de partir. Prenant le nouveau-né avec elle, elle est partie mystérieusement, et dès lors, personne n’a revu sa silhouette …

 

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Sunday, June 3, 2007

interprétation d’un poème

Le chinois, c’est une langue floue, qui permet donc une souplesse, une espace d’interprétation. Plusieurs sens, plus ou moins liés, peuvent partager un même caractère; plusieurs genres - nom, adjectif, verbe, adverbe - partagent un seul caractère. En plus, c’est une langue très concise, encore plus le chinois ancien. Cela fait que, devant un poème, les individus différents comprennent différemment, chacun de sa manière, chacun ressent une scène à soi-même. Et très souvent, on ne peut pas dire que telle ou telle interprétation est correcte ou fausse ….

Voici mon poème préféré:

张继 (poète)

枫桥夜泊 (titre)

月落乌啼霜满天,

江枫渔火对愁眠。

姑苏城外寒山寺,

夜半钟声到客船。

Notes:
姑苏: la ville de Nanjing s’appellait Gusu à l’ancienne époque.
寒山寺: le nom d’un temple au bord de la ville.

Mon interprétation

枫桥夜泊
fēng qiáo yè bó
érable - pont - nuit - stationner (un bateau)

月落乌啼霜满天,
yuè luò wū tí shuāng mǎn tiān,
Lune - descendre - corbeau - crier ; chanter - gel ; brume - plein,e - ciel

江枫渔火对愁眠。
jiāng fēng yú huǒ duì chóu mián.
Rivière - érable - pêche - feu - face à - mélancolie - dormir

姑苏城外寒山寺,
gū sū chéng wài hán shān sì
Gusu - ville - dehors - froide - montagne - temple

夜半钟声到客船。
yè bàn zhōng shēng dào kè chuán
Nuit - demi - cloche - son ; bruit - arriver - barque.

La lune se couche ;
Le corbeau crie ;
le brume se lève.
Sous les érables,
face aux feus des pêchers,
je dors avec la mélancolie.
Du temple Froide Montagne situé en banlieue de Gusu,
la cloche sonnant mi-nuit,
une barque aborde le quai.

L’interprétation de Liu

枫桥夜泊 (titre)
feng - qiao - ye - bo -
Erable - pont - nuit - mouiller, jeter l’ancre
Escale nocturne sous les érables

月落乌啼霜满天,
yue - luo - wu - ti - shuang - man - tian
Lune, mois - tomber, descendre, baisser - noir, sombre, obscur, corbeau - pleurer, crier chanter (oiseau) - gelée blanche, givre - plein, rempli, satisfait, suffisant - ciel, jour
La lune descend dans l’obscurité et le givre larmoie dans le vaste ciel

江枫渔火对愁眠。
Jiang - feng - yu - huo - dui - chou - mian
Fleuve - érable - pêche - feu, fievre, colere - répondre, à, contre, envers, pour - être triste - sommeil
Le long du fleuve, sous les érables, la pêche sans chaleur, apporte mélancolie et sommeil

姑苏城外寒山寺,
Gusu - cheng - wai - han - shan - si
Gusu - muraille - extérieure - (froid- montagne - temple)
Au loin, la muraille du Temple de La Montagne Froide de Nanjing

夜半钟声到客船。
Ye - ban - zhong - sheng - dao - ké - chuan
Nuit - demi, presque - cloche, horloge, temps - son, voix, ton - arriver, aller à, jusqu’à - invité, hote - bateau, navire
Dans la nuit, le tintement couvert de la cloche arrive jusqu’à la barque comme une amie.

La traduction que j’ai vue sur un plan touristique sur la province Jiangsu

Avec le déclin de la lune et les cris des corbeaux, l’air fait sentir le froid;

La lueur des lampes des bateaux sous les ponts Jiang et Feng transmet de nombreux ennuis;

Du temple Hanshan de la banlieu de Suzhou,

vient jusqu’aux bateaux des étrangers, le son de la cloche de minuit.

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Saturday, May 26, 2007

小谈《红楼梦》(épisode 4) - aliments finis, oiseaux envolés

Voici le grand point final de ce long rêve dans le “pavillon rouge”! Mon humble traduction est vraiment complètement faible pour transférer l’originel (ce n’est pas intransférable?), mais c’est seulement pour peu ou prou aider un peu à comprendre le sens en gros ….

[收尾.飞鸟各投林]

[shōuwěi - fēiniǎo gè tóu lín]

[ recueillir - fin, voler - oiseau - chacun - chercher abri - bois]

[Épilogue - les oiseaux cherchent chacun son bois]

为官的,家业凋零,

wéiguān de, jiāyè diāolíng

être - fonctionnaire ; mandarin - de, famille - entreprise ; fortune - faner

pour ceux qui ont eu le pouvoir, la gloire de famille se décline,

富贵的,金银散尽,

fùguì de, jīngyín sàn jìn

riche - noble - de, or - argent - disperser - fini,e

pour ceux qui ont eu la fortune, l’or et l’argent se sont épuisés,

有恩的,死里逃生,

yǒu’ēn de, sílǐ táoshēng

avoir - merci - de, mort - dedans - s’échapper - vie

ceux qui ont donné du merci se sont sauvés du danger,

无情的,分明报应.

wúqíng de, fēnmíng bàoyìng

sans - affection ; gentillesse - de, évidemment ; clairement - sanction ; punition

ceux qui ont été cruels ont reçu la sanction.

欠命的,命已还,

qiànmìng de, mìng yǐ huán

devoir ; endetter - vie - de, vie - déjà - rendre

ceux qui ont dû leur vie l’ont rendue,

欠泪的,泪已尽.

qiàn leì de, leì yǐ jìn

devoir ; endetter - larme - de, larme - déjà - fini,e

ceux qui ont dû des larmes en ont épuisé.

冤冤相报实非轻,

yuān yuān xiāng bào shí fēi qīng

injustice ; haine - injustice ; haine - réciproque - se venger - vraiment - non - léger,ère

les vengeances à cause des haines ont été écrasantes,

分离聚合皆前定.

fēn lí jù hé jiē qián dìng

séparer - quitter - réunir - rassembler - tous - avant - décider

les réunions et les séparations ont été prédestinées.

欲知命短问前生,

yù zhī mìng duǎn wèn qián shēng

vouloir - savoir - vie - court,e - demander - avant - vie

pour savoir son destin il faut consulter sa vie précédente,

老来富贵也真侥幸.

lǎo lái fùguì yě zhēn jiǎoxìng

vieux,vieille - arriver - richesse - noblesse - aussi - vraiment - chanceux,se

ceux qui sont chanceux ont eu la richesse et la gloire à la vieillesse

看破的,遁入空门,

kàn pò de, dùn rù kōng mén

regarder - percer - de, s’enfuir - entrer - vide - porte

ceux qui voient à travers la vie entrent par la porte vide (la porte bouddhique)

痴迷的,枉送了性命.

cīmí de, wàng sòng le xìngming

idiot,e - passionner - de, vainement - donner - le - vie

ceux qui s’enfoncent aux illusions consacrent la vie.

好一似食尽鸟投林,

hǎo yī sì shí jìn niǎo tóu lín

bien - comme - aliment - fini,e - oiseau - chercher abri - bois

c’est comme des oiseaux qui se dispersent dans la forêt après l’épuisement des aliments,

落了片白茫茫大地真干净!

luò le piàn báimángmáng dàdì zhēn gānjìng !

tomber ; rester - le - étendue (classificateur) - blanc,che - immense - immense - grand - terre - vraiment - propre

il ne reste qu’un terrain blanc de neige, tout immense et tout propre !

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Monday, May 21, 2007

Un petit poème: rizière et grenouilles

夜行黄沙道中 (le titre)
辛弃疾 (le poète)

明月别枝惊鹊,
清风半夜鸣蝉.
稻花香里说丰年,
听取蛙声一片.

七八个星天外,
两三点雨山前.
旧时茅店社林边.
路转溪桥忽见.

 

西江月
Genre de poème : ouest - rivière - lune

夜行黄沙道中
Nuit - marcher ; faire la route - jaune - sable - route
辛弃疾
XIN Qiji

明月别枝惊鹊,
Clair - lune - quitter ; partir de - branche - surprendre - pie
清风半夜鸣蝉.
limpide - vent - demi - nuit - crier ; chanter - cigale
稻花香里说丰年,
Rizière - fleur - parfum - dans - parler (de) - plein ; abondant - an
听取蛙声一片.
Écouter - prendre - grenouille - bruit ; son - un - (classificateur) vaste étendue

七八个星天外,
Sept - huit - (classificateur) pian - étoile - ciel - dehors
两三点雨山前.
Deux - trois - (classificateur) point - pluie - montagne - devant
旧时茅店社林边.
Ancien - temps - paille - boutique ; auberge - association ; hôtel - bois - côté
路转溪桥忽见.
Chemin - tourner - rivière - pont - soudain - voir.

Au milieu de la marche nocturne, sur une route de sable jaune
XIN Qiji

La lune claire se lève des branches, surprenant les pies,
Le vent doux soufflant à minuit, les cigales chantent.
Parmi le parfum des franges des rizières, les gens parlent de la récolte qui arrivera,
En écoutant la chorale des grenouilles.

Sur le ciel, sept ou huit étoiles,
Devant les montagnes, deux ou trois gouttes de pluie.
Passé par le bois et le petit hôtel,
Soudain se découvre devant moi un pont sur la rivière.

 

Interprétation de Liu:

Voyage nocturne sur un chemin de sable jaune
La lune claire n’effraie pas la pie sur sa branche
La cigale chante distinctement dans la brise de la nuit,
Le parfum des fleurs de riz présage d’une bonne récolte,
Je perçois le bruit des grenouilles qui se jettent à l’eau,
Les étoiles parsèment le ciel,
La pluie effleure la montagne,
La vieille auberge du roseau à l’orée du bois,
J’aperçois soudain le ruisseau qui serpente sous le pont.

 

Interprétation de Gangounet:

dans la première partie le vers à souligner est le troisième : la joie de voir de bonnes récoltes se présager. C’est pourquoi le poète anime la nuit, normalement calme et silencieuse. Et je comprends le troisième vers comme la personnification des grenouilles.

Le clair de lune quitte les branches, faisant voler les pies;
La légère brise de minuit porte le chant des cigales.
Au milieu de cette bonne odeur de riz, elles parlent des bonnes récoltes à venir,
Ces grenouilles qui croassent en choeur.

Dans la seconde partie, on voit que le voyage est bientôt terminé (enfin, en tous cas la nuit touche à sa fin. On voit ça avec le cinquième vers : il ne reste que quelques étoiles) et une averse s’annonce. Le poète cherche apparemment un abri qu’il connaissait et finalement le trouve au détour de la rivière.

Quelques étoiles brillent encore au ciel,*
Tandis que des gouttes mouillent le pied de la montagne.
Où est donc cet abri que je croyais près de ce bois ?
Ah, je le vois au détour de la rivière.

 * : finalement, je ne pense plus que les étoiles annoncent le lever du jour, c’est tout simplement parce qu’il va bientôt pleuvoir que le ciel s’assombrit. 

Posted by Jade at 09:30:13 | Permalink | Comments (9)

Tuesday, May 15, 2007

Un poème de SU Shi

鹧鸪天 (genre de poème : Zhe gu tian)

苏轼 (SU Shi)

林断山明竹隐墙,

(lín duàn shān míng zhú yǐn qiáng)

Bois - rompu ; arrêté - montagne - clair,e - bambou - cacher ; retirer - mur

Au bout du bois, la montagne devient plus éclairée. Devant, se trouve une maison cachée derrière des bambous.

乱蝉衰草小池塘.

(luàn chán shuāi cǎo xiǎo chítáng)

Désordre - cigale - fané,e - herbe - petit - étang

Les cigales chantent ; au tour du petit étang on voit des herbes sèches.

翻空白鸟时时见,

(fān kōng bái niǎo shí shí xiàn)

Tourner - ciel - blanc - oiseau - souvent - souvent - se montrer

Les oiseaux traversant le ciel montrent leur silhouette blanche.

照水红蕖细细香.

(zhào shuǐ hóng qú xì xì xiāng)

Refléter - eau - rouge - lotus - fin,e -fin,e - parfum

Les lotus rouges se reflètent dans l’eau, d’où souffle du parfum léger.

 

村舍外, 古城旁,

(cūn shě wài, gǔ chéng páng,)

Village - maison - dehors, ancien,ne - ville - côté

Sortant du village, longeant la muraille ancienne,

杖藜徐步转斜阳.

(zhàng lí xú bù zhuǎn xié yáng)

Canne - chénopode - doucement ; lentement - pas - tourner - courbé,e - soleil

Avec la canne en chénopode, au pas lent, ???

殷勤昨夜三更雨,

(yīnqín zuó yè sān gēng yǔ)

Hospitalier ; complaisant - hier - nuit - trois - geng (unité du temps,toutes les deux heures font un geng) - pluie

Heureusement, dans la nuit il y a eu un coup de pluie,

又得浮生一日凉.

(yòu dé fú shēng yī rì liáng)

Encore - obtenir - flotter - vie - un - jour - fraîcheur

Qui nous apporte de la fraîcheur pour un jour de plus.

 

(P.S. la traduction n’est qu’une tentation, car le langage chinois, souvent, ne permet pas de décodage stagnant.)

Paysages décrits : bois ; montagne ; bambous ; maison ; cigales ; herbes ; étang ; muraille ; soleil couchant.

Ce qui est en mouvement: le soufflement du vent apportant du parfum des lotus; les oiseaux blancs qui traversent le ciel; et la promenade du poète.

Nous sentons le mouvement du poète en suivant le poème - son trajet de promenade : il sort du bois, et voit la maison derrière des bambous, un étang où il y a des lotus dont les fleurs distribuent du léger parfum. Il s’en éloigne, continuant sa promenade le long de la muraille ancienne. Il se lève la tête, et voit le soleil se coucher, …. Il se réjouit de la fraîcheur d’une fin de journée d’été, et pense à remercier l’aimable pluie de la nuit.

Posted by Jade at 21:58:31 | Permalink | No Comments »